Nourrir les oiseaux en hiver : ce que recommande la LPO — faut-il nourrir les oiseaux, quand et avec quoi ?

Par La rédaction d'Observer les Oiseaux — mis à jour le 11 octobre 2026.

La LPO recommande de nourrir les oiseaux uniquement en période de froid, en général de la mi-novembre à la fin mars, dès les premières gelées. Le reste de l'année, les oiseaux trouvent seuls ce qu'il leur faut — et il vaut mieux les laisser faire.

En hiver, la logique s'inverse : les ressources naturelles s'épuisent au moment précis où les températures négatives font exploser les besoins caloriques. Un passereau peut perdre une part importante de sa masse en une seule nuit de gel. C'est là qu'un petit coup de pouce compte vraiment.

Deux espèces ont leur propre page : que mange un rouge-gorge, et comment attirer les chardonnerets.

Quand commencer, et pourquoi cette période de froid : nourrir les oiseaux en hiver, de la mi-novembre à fin mars

On commence aux premières gelées — souvent fin novembre ou début décembre — et on poursuit jusqu'au retour de températures plus clémentes, en mars.

En automne, même tardif, les baies, les fruits, les graines sauvages et les insectes restent abondants — les oiseaux savent se nourrir par eux-mêmes. Commencer trop tôt ne sert à rien. Ce sont les périodes de froid prolongé, avec neige ou gel persistant, qui rendent l'accès à la nourriture réellement difficile.

À l'inverse, en cas de grand froid précoce ou tardif, il n'y a aucune raison d'attendre une date sur le calendrier : ce sont les périodes de grand froid qui commandent, pas le mois. Le gel et le froid durables sont le seul vrai déclencheur, et une période de grand froid en novembre justifie de commencer aussitôt.

Pendant ces épisodes, les oiseaux ont besoin de reconstituer chaque jour les réserves brûlées la nuit. C'est là qu'un apport régulier devient un coup de pouce bienvenu — et non un confort superflu.

Faut-il nourrir les oiseaux le reste de l'année, et pourquoi pas en été ?

La LPO le déconseille — mais il est important de comprendre au nom de quoi, car ce n'est pas un interdit.

La position tient au principe de précaution : en l'absence d'évaluation scientifique claire des risques — transmission de maladies aux postes de nourrissage, effets sur la prédation, perturbations physiologiques, modification de la composition des communautés d'oiseaux — mieux vaut s'abstenir. L'organisation reconnaît d'ailleurs que les scientifiques ne sont pas tous d'accord sur la question de la dépendance.

Un point fait en revanche consensus, et c'est le plus important : en période de reproduction, beaucoup d'espèces deviennent insectivores. Les oisillons ont besoin d'insectes, pas de graines. Un apport massif de graines au printemps peut donc nuire aux jeunes de l'année et, indirectement, à la capacité de reproduction des oiseaux.

En été, deux raisons s'ajoutent, et elles sont écrites noir sur blanc. La fiche de médiation de la LPO maintient sa fenêtre « de la mi-novembre à la fin mars uniquement, même si période de sécheresse estivale avérée » ; et le Muséum national d'Histoire naturelle rappelle qu'« aux beaux jours, la chaleur risque de gâter plus vite la nourriture », au point de conseiller de « ne pas laisser la nourriture plus de deux jours dans la mangeoire ». Une mangeoire garnie en août nourrit donc surtout les moisissures. La protection des oiseaux passe alors par autre chose : laisser un coin de jardin en friche, planter des haies d'essences locales, renoncer aux insecticides. Et surtout maintenir un point d'eau, utile toute l'année, lui, sans aucune de ces réserves.

Quels aliments donner aux oiseaux en hiver : graines, graisse et boules de graisse

Les graines de tournesol noir sont l'aliment de base : riches en lipides, acceptées par presque toutes les espèces de mangeoire.

AlimentPour quelles espècesRemarque
Graines de tournesol noirMésanges, verdiers, pinsons, sittelleL'aliment le plus universel
Cacahuète concassée, non saléesMésanges, sittelle, pic épeicheJamais salées ni grillées
Boules et blocs de graisseMésanges, pic, étourneauL'énergie la plus dense par grand froid
Les mélanges pour oiseaux du jardinLarge éventail d'espècesÉviter ceux à dominante de blé
Graines de nigerChardonnerets, tarinsÀ distribuer en silo à fentes fines
Vers de farine séchésRouge-gorge, merle, accenteurPour les insectivores, mais jamais posés au sol

Les mélanges de graines tout prêts conviennent, à condition de regarder la composition : un produit majoritairement composé de blé ou de graines de remplissage attire surtout les pigeons. Une bonne nourriture pour les oiseaux se juge à sa teneur en tournesol : ce sont les graisses qui comptent en hiver, pas le prix du sac. La LPO donne même un mélange de référence : un tiers de tournesol noir, un tiers de cacahuètes crues et un tiers de maïs concassé. Elle déconseille en revanche les mélanges très bon marché à base de pois, de lentilles ou de riz, et préfère le tournesol noir au tournesol strié, plus riche en lipides.

Toutes les espèces ne mangent pas la même chose : les pinsons et les verdiers prennent les graines au perchoir, les merles cherchent volontiers à terre — la LPO déconseille pourtant de jeter les graines au sol, où les fientes contaminent, et qui attire chats, rats et pigeons —, et certains oiseaux comme la sittelle apprécient particulièrement les noix et les cacahuètes. Proposer deux ou trois aliments différents suffit à élargir nettement la fréquentation, sans que tous les oiseaux aient à se disputer le même poste.

Les aliments à ne jamais donner

Trois aliments courants sont dangereux, et ils se retrouvent pourtant régulièrement dans les mangeoires.

  • Le pain — il gonfle, ne nourrit pas et provoque des troubles digestifs. C'est l'erreur la plus répandue.
  • Le lait et les produits laitiers — les oiseaux ne digèrent pas le lactose.
  • Tout ce qui est salé, sucré ou assaisonné — biscuits, restes de table, cacahuètes apéritives. Le sel est toxique pour eux, et les aliments transformés n'ont rien à faire dans une mangeoire.

⚠️ Un dernier point qui ne concerne pas l'aliment lui-même mais son emballage : les boules de graisse vendues en filet plastique. La LPO déconseille ces filets, dans lesquels les oiseaux se prennent les pattes et la langue, parfois mortellement. Retirez systématiquement le filet, ou choisissez des boules vendues sans filet, ou utilisez un distributeur à grille métallique, comme le porte-boules Wildlife Home, qui en accueille neuf sans filet.

Où placer le poste de nourrissage

Un bon poste de nourrissage met les oiseaux hors d'atteinte des prédateurs tout en leur laissant un refuge à proximité.

  • En hauteur, à 1,50 m ou 2 m, et loin de tout point d'élan pour un chat — le prédateur numéro un des oiseaux de jardin.
  • Pas au centre du jardin, mais à deux ou trois mètres d'un buisson, où les oiseaux se posent avant de descendre et se réfugient au moindre danger.
  • À l'abri du vent et de la pluie, qui gâchent rapidement les graines. La fiche de la LPO préfère d'ailleurs les mangeoires verticales aux plateaux, où les bactéries prolifèrent.
  • Avec de l'eau à côté : la LPO rappelle qu'il faut aussi donner à boire, et renouveler l'eau chaque matin en cas de gel. Un abreuvoir peu profond, de l'eau chaude versée pour briser la glace, et jamais d'antigel ni d'alcool.
  • Visible depuis une fenêtre : c'est aussi l'occasion de les observer tranquillement, et de repérer un oiseau malade.

Si plusieurs espèces se disputent le poste, installez les mangeoires en plusieurs points plutôt qu'un seul, à quelques mètres de distance.

Nettoyer les mangeoires : le vrai risque du nourrissage des oiseaux, et pourquoi les nettoyer régulièrement

Le principal danger du nourrissage n'est pas l'aliment, c'est la concentration : des dizaines d'oiseaux au même endroit, et une mangeoire sale devient un foyer de contamination.

Nettoyez chaque semaine, comme le recommande la LPO — chaque jour pour une mangeoire plateau : videz, brossez à l'eau chaude, rincez, laissez sécher complètement. Retirez les graines mouillées ou moisies. Balayez régulièrement les fientes et les débris accumulés sous le poste, qui sont le principal vecteur de transmission.

Il faut nettoyer les mangeoires à l'eau chaude et à la brosse, avec du savon de Marseille ou du savon noir, précise la LPO. Certains ajoutent une solution javellisée très diluée pour désinfecter : si vous employez de l'eau de javel, le rinçage doit être abondant et le séchage complet avant tout réapprovisionnement — un résidu est plus dangereux que la saleté qu'il élimine.

Si vous observez un oiseau visiblement malade — plumage ébouriffé, apathie, difficulté à s'alimenter — la LPO demande d'arrêter le nourrissage pendant quatre semaines, de retirer tous les points de nourriture et de vider les points d'eau, le temps que les oiseaux se dispersent ; on nettoie et on désinfecte avant de reprendre. Si vous trouvez plus de trois oiseaux morts au même endroit, ne touchez pas les cadavres et prévenez le service départemental de l'Office français de la biodiversité, qui alerte le réseau de surveillance SAGIR. Les maladies en cause sont la trichomonose, la gale des pattes, la poxvirose et la salmonellose — cette dernière est transmissible à l'homme.

Est-ce autorisé ? Ce que dit la loi, et le cas des migrateurs

Aucun texte n'interdit de façon générale de nourrir les oiseaux dans son jardin — c'est ce qu'écrit la LPO —, mais trois règles encadrent la pratique.

  • L'article 120 des règlements sanitaires départementaux interdit de déposer des graines dans les lieux publics pour y attirer les animaux errants ou sauvages, et l'étend aux parties privées d'un immeuble lorsque la pratique gêne le voisinage ou risque d'attirer les rongeurs.
  • L'article R1331-54 du code de la santé publique, en vigueur depuis le 1ᵉʳ octobre 2023, interdit le nourrissage habituel quand il devient une cause d'insalubrité.
  • L'article L223-6-2 du code rural permet au préfet d'interdire temporairement le nourrissage de la faune sauvage, pour prévenir la propagation d'une maladie.

Autrement dit : dans un jardin privé, en restant propre et sans gêner les voisins, le nourrissage hivernal est possible — la LPO précise d'ailleurs que la grippe aviaire ne l'interdit pas chez les passereaux, à condition de respecter l'hygiène.

Et les migrateurs ? Aucune source officielle que nous avons consultée n'établit que le nourrissage retarde un départ en migration à l'automne. Ce qui est documenté est différent : chez la fauvette à tête noire, les mangeoires auraient contribué — au conditionnel, avec le réchauffement — à déplacer la zone d'hivernage d'Europe centrale vers la Grande-Bretagne. La LPO signale par ailleurs qu'en favorisant les sédentaires, le nourrissage peut les avantager face aux migrateurs au moment de la reproduction.

Quand et comment arrêter

On arrête progressivement au retour des beaux jours, jamais du jour au lendemain.

Une fois le nourrissage commencé, les oiseaux intègrent votre poste à leur tournée quotidienne et comptent dessus. Un arrêt brutal en pleine vague de froid les met en difficulté. Réduisez donc les quantités sur deux ou trois semaines, à partir de mars, quand les températures remontent durablement.

La LPO chiffre cette transition : on réduit les quantités pour tout arrêter en 7 à 10 jours. C'est aussi le moment de faire un nettoyage complet du matériel avant de le ranger, et de penser à la suite : un nichoir posé au printemps prolonge l'accueil autrement — et un point d'eau prend le relais pour l'été.

Dernier rendez-vous de la saison : le comptage national des oiseaux des jardins, organisé chaque année par la LPO et le Muséum national d'Histoire naturelle le dernier week-end de janvier. Une heure suffit pour compter les oiseaux de son jardin, et les données servent directement à la recherche : notre guide explique comment participer au comptage.

C'est aussi, très concrètement, ce qui donne au nourrissage des oiseaux une portée qui dépasse le plaisir de les nourrir : observer, noter, transmettre. Beaucoup de participants disent y avoir trouvé un lien avec la nature qu'ils ne soupçonnaient pas depuis leur cuisine.

Quand et comment nourrir les oiseaux en hiver ?

De la mi-novembre à la fin mars environ, dès les premières gelées, avec des graines de tournesol noir en priorité, des boules de graisse par grand froid et des cacahuètes non salées. Installez le poste en hauteur, à l'abri des chats, et maintenez un apport régulier une fois commencé.

Quand faut-il arrêter de donner à manger aux oiseaux ?

Au retour de températures durablement plus clémentes, en général courant mars. Réduisez progressivement les quantités sur deux ou trois semaines : un arrêt brutal met en difficulté des oiseaux qui ont intégré votre mangeoire à leur tournée quotidienne.

Pourquoi ne pas nourrir les oiseaux toute l'année ?

La LPO le déconseille au titre du principe de précaution, faute d'évaluation scientifique claire des risques (maladies, dépendance, effets sur les communautés d'oiseaux). Le point qui fait consensus est qu'en période de reproduction, les oisillons ont besoin d'insectes et non de graines : un apport massif de graines au printemps peut leur nuire.

Quand mettre les boules de graisse pour les oiseaux ?

Pendant les périodes de grand froid, quand les besoins énergétiques sont maximaux — typiquement de décembre à février. Retirez toujours le filet plastique qui les entoure, ou choisissez des boules sans filet : les oiseaux s'y prennent les pattes et la langue.

Quels aliments faut-il éviter de donner aux oiseaux ?

Le pain, qui gonfle et ne nourrit pas ; le lait et les produits laitiers, non digérés ; et tout ce qui est salé, sucré ou assaisonné, y compris les cacahuètes apéritives. Le sel est toxique pour les oiseaux.

Quelle est la meilleure nourriture pour les mésanges en hiver ?

Les graines de tournesol noir, très riches en lipides, et les boules ou blocs de graisse par temps froid. Les cacahuètes concassées non salées fonctionnent également très bien, proposées dans un distributeur grillagé qui oblige l'oiseau à picorer.

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